Panel d’alcool vertigineux quartier St-Honoré
Aujourd’hui nous ne laissons pas de place à l’immédiat, car pour me faire passer Rive droite, il me faut des certitudes. On m’a parlé d’un restaurant Place du marché Saint-Honoré s’intitulant : l’absinthe. Sans vouloir créer des règles universelles qui finiront par vous décevoir, j’ai tout de même l’impression qu’un restaurant nommé d’un alcool n’est jamais décevant.
Sur le papier, ça part bien. La carte change tous les mois afin de s’adapter aux saisons et d’assurer toujours des produits de qualité. Pour en avoir le coeur net, il faut s’y rendre alors ne buvez pas ce midi car ce soir on ripaille et on lève les coudes !
Une simplicité sophistiquée
Nous entrons dans un cadre chic et chaleureux, comme une brasserie traditionnellement accueillante. Vu comme ça, c’est vrai que ça paye pas de mine, et il est difficile de s’attendre à une énième terrasse de café, une énième bavette caoutchouteuse… Patientez un peu avant de juger.
Mais la carte enivre d’avance et excités par ce qu’on nous propose, nous virevoltons au travers des alcools déliquescents qu’il nous faudra goûter, des gins de tous noms et des cocktails créations à n’en pas finir. Je vous laisse choisir sans vous influencer, mais pensez qu’il y aura du vin à table, et sûrement des digestifs alors soyez un peu stratégique messieurs dames.
On nous propose d’accompagner l’apéritif d’un jambon ibérique à tomber par terre. Je le suivrais de ravioles de Saint Jacques, un peu prétentieuses à mon goût. Au niveau du palais rien à redire excepté cette crème en mousse jouant les grands gastros, et pas forcément utile. À mon humble avis, elle ne serre qu’à chiciser les snobs et rhabiller les ploucs.
Je viens quand même essuyer les dernières gouttes que mon assiette a pleurée. Surtout parce que le pain est exceptionnel, parfaitement choisi pour un dîner de ce style. Sa belle croûte croustillante protège sa dense mie légèrement salée, prête au combat contre la sauce de mes plats.
La chaleur des assiettes monte à la tête
Comment exprimer cet immense bonheur à l’arrivée des plats fumants. Cela se raréfie, on ne sert plus d’assiettes brulantes qui vous empêchent de la faire tournoyer pour Instagram, et garde votre nourriture à température pour votre allure de dégustation. Point très positif souligné, qu’est-ce qu’on pense du contenu ?
Les viandes rouges sont servies sans chichi, simplement décorées de gros sel : morceaux à manger à grosse bouchée. La chair est belle et bien fondante, révélatrice de la qualité de la bête. Ce qui m’a été vendu est respecté. Quant aux ribs d’agneau, je me permets d’être un peu plus mitigé. Mitigé par toutes les saveurs qui me frappent d’un même temps, de la viande déjà très caractérielle et de la préparation qui essaye de la surpasser.
Ce soir-là, j’ai décidé de me mettre en danger : accompagner ma viande d’une poêlée de légumes. Risqué me direz-vous, c’est vrai, c’est un peu la loterie les légumes au restaurant. Mais c’est un pari gagné car la voilà, succulente ! Les sauces maison viennent clore ce festival presque trop complexe pour mon palais de cul-terreux.
Encore plus de gnole
Aller, mets en moi dans le dessert, je prendrais une poire pochée, ganache de marron ! Là je dois avouer qu’après tout ce qu’on vient de s’empiffrer, je suis un peu déçu. La poire est assez fade, froide, presque malade. Sûrement à cause de son régime anti-alcool, on aurait dit qu’elle avait arrêté de picoler depuis peu, et pour une poire pochée c’est le comble.
Pour contre balancer ce manque, le très charmant taulier nous offre son absinthe avec tout son panache : la fontaine laisse tomber avec parcimonie quelques gouttes d’eau venants fondre le sucre sur sa cuillère personnelle. Quelques bribes d’histoire sur cet alcool si courtisé par nos poètes français, et l’ivresse nous caresse doucement nos joues rougissantes de tendresse.
L’addition vient se poser sur la nappe plus trop blanche. La pauvre a subi une sacrée déprédation, et nos portefeuilles aussi. Conclusion : on a bien mangé, les produits sont extrêmement qualitatif, et les plats recherchés. Peut-être trop, ou pas assez finement je ne serais dire mais malgré le plaisir du repas, on ne ressort pas avec une grande satisfaction.
Si je devais répondre à la fameuse question de François Simon : reviendrais-je à l’Absinthe ? Peut-être quand 255€ n’allègeront pas autant ma poche, je reviendrais profiter de cette atmosphère simple, chaleureuse et sophistiquée.
D’autres cocktails à deux pas de là
À quelques pas, ceux que nous sommes encore capables de réaliser, le Buckingham bar vous accueille jusqu’à 1h. Un comptoir tenu par une très charmante dame aux mélanges infinis, avec des shortdrinks travaillés, et des cocktails qui ont traversés les époques. Si cela ne vous suffit pas, suivez l’indication en bas de la carte et demandez ce que vous voulez.
C’est assez libre comme endroit. Il y a de l’espace pour nos mots et des mots pour nos rêves. Prout, vous êtes tout de même assis sous les yeux de Macron, Mao, Poutine et d’autres, style renaissance. Libre sous la dictature me direz-vous, peut-être, mais au moins vous pouvez choisir la musique sur un néo jukebox style long courrier. Ce bar d’hôtel tout à fait dans son jus est idéal pour clore votre soirée, un dernier verre, un baiser et l’horizon qui se cache derrière l’Opéra Garnier.
L’absinthe,
24 Pl du marché St-Honoré, 75002
01.49.26.90.04
Le Buckingham bar,
32 rue Saint-Augustin, 75002
Commentaires
Enregistrer un commentaire