La Gentiane pour une fois, c’est du solide

 

Ah ! Voilà ce que ça donne quand on sait ce qu’on fait ! Ce fût un vrai frichti sur la terrasse de ce troquet. Restez par ici, je vais vous faire saliver avec des quasi parfait et des poitrines à casser des boutons vous verrez ! Si tous les gens de ce bon pays lisaient mon blog, on ferait le concours de Miss France dans les plaines du limousin. 


Par excitation de vous conter ce banquet, j’ai oublié de vous préciser de quel bouclard je parlais. Ça s’appelle la Gentiane, rue Stanislas, à deux pas de Chez Marcel, et d’ailleurs c’est le même patron. Tout aussi bon qu’en face c’est un pari gagné, car même notre bon Pudlowski en a fait un coup de coeur. 


Ça sent bon vers le Chambon-sur-Lignon


Dans un décor d’auberge sortie de l’Auvergne, on est reçus sans chichi, d’un ton franc de plaisir de tenir ces murs à l’ombre de l’Église Notre-Dame-des-Champs. Tout ça on le retrouve dans l’assiette, ou dans la cassolette. Et oui mesdames et messieurs, parce qu’on démarre avec les moules marinières badigeonnantes de bonheur dans son beurre. Me voilà jouant le prince charmant venant sauver les sirènes de la noyade. Je me retrouve alors les mains tachées de plaisir, à m’essuyer sur la mie de pain qui éponge les dernières gouttes de l’onctueuse préparation. 


Pour accompagner pas le choix, un pot Mâcon ou du Côtes du Rhône à 19€, simple mais efficace. Mais pour accompagner quoi ? Une poitrine de cochon d’une tendresse exquise, généreuse, parfaitement équilibrée. Il faut prendre une part de tout en même temps, tant manger devient alors un travail d’adresse afin de balancer chair, gras, grillé et sauce… Les saveurs se diffusent sur la nappe en papier déjà victimes de notre festin. 


Convaincu par le quasi de veau j’abandonne la déclinaison cochonne proposée pour deux, mais je n’ai pas dit mon dernier mot, je reviendrais. Le quasi quant à lui est parfait, cuisson rosé sans vous laisser le choix en consciencieux dictateur du bon goût. Encore une fois c’est une sauce sans égale au fond de veau qui m’oblige à terminer ma gamelle à la cuillère. Je me replonge dans les contes d’un temps que je n’ai pas connu, où l’on vidait les restes de viandes dans ce grand bac qui fera plus tard les assaisonnements les plus divins. 


Je ne vous ai pas parlé des frites… Erreur de débutant. Elles sont servies dans cette bassine de cuivre à partager, aguicheuses et douloureuses : il faudra se battre avec votre compagnon de table. Des allumettes croquantes qui enflamment avec brio nos assiettes ! 


De la fumée dans les narines du cerf 


On va découvrir la dernière partie de la carte, qui tient entièrement sur une page pour laisser place à 4 ou 5 (voire 6!) entrées et plats du jour. Ce sera un dessert pour deux, la spécialité locale : tarte aux pralines roses. Alors, oui, c’est bon, mais il faut être bien accroché et préparer un sevrage glucydien pour les prochaines semaines…


La boule à facettes se déclenche, voilà que le restaurant chante un anniversaire, parce que tout le monde se sent bien ici, parce qu’on est un peu comme à la cantine, avec tous ces amis qu’on vient de rencontrer. D’un coup de la fumée sort des narines d’un cerf, accroché là en trophée de chasse, sonnant l’alerte du digeo et de la clope de fin de repas, histoire de faire passer tout ça. 


Ça me fait penser. J’ai un ami écrivain mais surtout fumeur qui disait : “Un bon repas, tu sors dehors peu importe le temps, et tu as envie de la tirer cette gauloise.” C’est un peu ça la Gentiane. 



La Gentiane

4 rue Stanislas, 75006, Paris

01.45.48.11.39

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