Bartolo, une déception douloureuse

    Amis amoureux des moments charnels au restaurant, gardez vos billets bien cachés dans la poche, il ne sert à rien de les léser pour des pâtes à l’eau ! De la bouffe au liquide, en passant par le service, il n’y a plus rien à tirer de la grandeur que fût la première pizzeria de Paris. 

Rue des Canettes, on brasse sa bière chez O’Neil, et de l’air Chez Bartolo. Avant de discuter du fond, pinaillons un peu sur la forme : nous sommes au sein d’un cadre simple et élégant, que l’on essaye d’appliquer aux tenues des serveurs. Par peur d’être attaqué sur mon souci du détail, une chemise trop grande hors du pantalon afin de laisser apparaitre votre boxer n’est pas, à mon sens bien sûr, un signe de raffinement. Soit, l’important c’est d’être bien reçu. Même pas ! Après avoir réservé une table en terrasse la veille, me voilà coincé à l’intérieur, au beau milieu du mois de juillet, dans une salle sombre aux chaudes volutes de four à pizzas. 


Pour se remettre fraichement de cette épreuve, une bouteille de Prosseco, familière, déjà vue, mais où ? Ma mémoire remise en route je me souviens l’avoir bue dans tous les restaurant parisiens fournis par la maison Richad : pour un Italien de cette gamme qui ose l’authentique en fer de lance, permettez l’état de choc, surtout à 37€. Il vous sera servi dans des verres à Bourgogne (!), comme si l’on voulut m’assassiner pour “couronner” cette parenthèse apéritive qui nous laissera bien secs. 


Mesdames et Messieurs place aux plats qui, je l’espère, ne peuvent trahir la réputation de notre ainé italien. Nous sommes ici pour les choses simples qu’on ose travailler avec une touche d'élégance et une pincée de tradition. Ragazzo ! Une Regina pour mon amie et une “Bella Cotoletta Milanese” pour ma part : andiamo ! Attention, les majuscules sont de guises ! Bella avec un grand B comme Caoutchouc ! Serment d'Hippocrate oblige, mon pauvre dentiste s’est vu forcé d’accepter une consultation nocturne pour ma mâchoire déformée. Ce fût dur, mais aussi élastique, mais aussi fade, et dans l’ensemble amer de déboire. Accompagnée de ses Pasta All’Arrabbiata All’Eau, que j’eus essayé de sauver par maints et maints bouche à bouche… Le constat est sans équivoque : décès de mon amour pour ce restaurant, même le parmesan n’a rien pu faire. Le pauvre était emprisonné dans son pot conçu pour être versé avec “parmecimonie” (tout est économie), bref.


L’eau est bonne 


Dans tout ce merdier, la pizza n’a pas osé se démarquer. Une Regina à 18€ est la représentation  parfaite de cette envie de rentabilité à tout prix (n’imaginez pas que vous avez pour le vôtre !). Une sauce tomate malheureuse, presque effacée sur une pâte fade, lourde et dense qui vous oblige à laisser les corniches, et même la moitié dans l’assiette. Ici tout se noie. Si j’étais un entrepreneur scrupuleux, j’aurais organisé des visites en sous marins. À vos risques et périls, périls surtout. Nota bene; si vous voulez malgré tout manger Chez Bartolo, le jambon à la truffe noire sauve la mise ! Point positif souligné, notons également les 25 minutes nécessaires à être débarrassés. Je n’irais pas en vouloir à notre strip-teaser a plateau, il a du sentir le roussi tant il y avait de vapeur sortant de mes oreilles.


Conclusion ? Désabusement terrible dans ce restaurant que j’affectionnais pourtant énormément. J’y ai dégusté des banquets gracieux, fêté des anniversaires ; j’y suis même tombé amoureux de ma femme sur sa terrasse. Je crois que la nouvelle politique est à la simplicité et à la rentabilité. On a laissé la passion sur le trottoir où pissent les sortant de Chai Antoine. Ce lieu n’est plus bon qu’a arnaquer les touristes américains aux palais aseptisés, et les parisiens-néo-italiens revenus de leur week-end à Naples. 


Ce pamphlet paraît biaisé par la haine mais n’est malheureusement qu’un constat, nourrit par la déception. M’enfin bon Chez Bartolo, l’eau est encore bonne. 



Chez Bartolo, 7 rue des canettes

75006, Paris. 01.43.26.27.08

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